[Nouvelle du jour] : Le chien qui a mordu ma Maman

C’était le jour le plus attendu de la semaine, le samedi. Enfin le week-end ! Je pouvais me débarrasser de ces innombrables devoirs ou presque, car j’avais un exposé de SVT sur « Les Abeilles », un sujet d’après Monsieur Delaforêt très passionnant… Pas étonnant, en classe, il nous avait même montré comment faire pour en endormir une. Les abeilles, c’est pas trop mon truc, je suis plus fan des hirondelles.

Bref, revenons à ce que je disais. Ce samedi-là, c’était le jour de repos de ma mère, elle pouvait enfin en finir avec ses tâches compliquées. Elle est avocate et était en train de s’occuper de l’affaire d’une certaine Madame Laverfield qui avait porté plainte pour vol d’un album photos par effraction dans son appartement. Une affaire totalement ridicule puisque apparemment il n’y avait que des photos de ses stars préférées : Léonardo Dicaprio et Brad Pitt datant de 1997. Oh Jack ! Oh Rose ! Le film le plus romantique du monde… Elle s’est énervée très vite au bureau, ce qui a pris du temps à ma mère pour la calmer avec un café et un tiramisu.

On avait prévu de passer la journée toutes les deux, j’ai banni mon téléphone portable seulement ce jour là : mon amie Élodie était très préoccupée par un message car elle s’était trompée de destinataire en envoyant un mail d’amour à notre professeur de musique. Le pire c’est qu’elle avait mentionné le nom de son âme sœur, vous imaginez la honte lundi !

Mon père était aussi très occupé, il a aussi sa famille à lui. Et puis on est pas aussi proche que ça… Ah oui, mes parents, eux, c’est une longue histoire, ils sont divorcés depuis que je suis âgée de 5 ans. Cependant, je vis très bien avec ma mère, on est très heureuses ensemble.

On avait choisi la Place de L’Opera pour déjeuner. Ensuite on devait aller flâner dans la Gallerie des Art et voir les expositions de paysages exotiques peints par Théodore Damien. Maman dit que c’est un artiste fascinant, il fait passer des messages, des phrases très inspirantes dans la vie de tous les jours. Elle m’a même donné un livre rempli de ses citations favorites.
Après on avait prévu une séance de manucure, pédicure chez Hans & Fitz, puis place à notre moment préféré : le shopping ! On avait reçu un texto de McMichael Lawfing : des ventes privées et une remise de 50€ pour un achat de plus de 75€. Trop cool !!!

Mais voilà, tout ne s’est pas passé comme prévu : au café de Berthie Caramel, alors que je commandais des sandwichs, Mme Laverfield avait reconnu ma mère, elle s’est autorisée une injure devant nous   » Bonjour petites garces ! » avec son horrible accent anglais britannique. On l’a ignorée mais elle s’est assise à une table devant nous. J’avais son visage hideux en plein dans mon champs de vision, ses dents étaient aussi jaunes qu’on aurait cru qu’elle ne se les brossait jamais et son expression était aussi effrayante qu’une momie (elle a… je crois dans les environ de.. je dirais 50 ans même si elle n’arrête pas de dire qu’elle en a 24) et son chien, un bulldog de taille minuscule (taille d’un Chihuahua) avec des poils arc-en-ciel. Oui ! Je dis bien arc-en-ciel, sa tête était de couleur violette, son corps de couleur bleu et vert et ses pattes d’un dégradé rouge orangé. Cette dame n’a aucun goût en matière de mode. Lorsque qu’on nous a servi le dessert, la dame a commencé à crier dans tous les sens que ma mère était une voleuse et que moi, je n’étais qu’une petite garce. Sur le coup, Maman s’est levée, elle a remonté les manches de sa chemise (sauf que c’était ridicule, sa veste était très serrée, il fallut que je l’aide), attaché ses cheveux en queue de cheval, poussé sa chaise et m’a dit de m’éloigner pendant un instant. Elle a sauté sur la dame et elles se sont disputées. Elles se sont tirées les cheveux, secouées et se sont même roulées par terre :

« – Espèce de morue ! vociféra la dame.

– Ah ouais ? C’est moi la morue ? Alors vous, vous êtes la baleine !

– Moi ? C’est vous qui avait volé mon argent !

– Mais c’est vous avec vos histoires d’amour qui vouliez porter plainte !

– Excusez-moi mais c’est Leonardo Dicaprio et Brad Pitt et non, je refuse, vous n’avez pas retrouvé le voleur et en plus vous vouliez que je paie pour ce voleur ! Alors non ! Et non ! Je ne paierai même pas un centime pour vous ! Et je ne paierai jamais d’amende !

– Enlevez vos sales mains de mes cheveux et sortez d’ici, ce n’est pas de ma faute! Je ne fais que mon boulot. Allez à la police si ça vous chante, je peux même vous amener au commissariat si vous voulez.

– Non, rendez moi mon album et mon argent ! Espèce de grosse morue !

– Je viens de vous dire que ce n’est pas à moi que vous devriez dire ça ! Allez au commissariat et racontez tout. Lâchez-moi je vous dis. […] »

Après un instant, elles se sont arrêtées. Je m’étais invitée à garder le chien. Il avait un collier sur lequel le nom  était gravé en gros « Bernard Oscar Patrick Brian François Flanes de Lattre ». Hé bien ! Quel long nom pour un chien si petit.

Mais ce Bernard Oscar de je ne sais quoi s’est jeté sur ma mère, il lui a mordu la jambe. Maman s’est mise à courir, le chien la poursuivit toujours jusqu’à que tous les deux se fatiguent. La dame, elle, s’est mise à pleurer, se demandant où était passés Leonardo et Brad.

Je sais c’est très bizarre comme conclusion de l’histoire. Résultat, ma journée n’a pas eu lieu, elle sera reportée jusqu’à ce que ma mère en ait fini avec cette Madame Laverfield. Je crois qu’elle est bien allée au commissariat de police et le bulldog a été transféré dans un refuge loin de notre ville et on lui a déteint les poils, heureusement. Ma mère a eu un congé de 10 jours à l’hôpital, pas de grande blessure mais une entorse à la cheville, un torticolis et une cicatrice au mollet droit. Cependant c’est aussi une bonne excuse pour ne pas présenter l’exposé prévu sur les abeilles pour Monsieur Delaforêt.

Bon voilà, c’est a fin, en tout cas, je me suis bien amusée à vous raconter cette histoire mes amis. C’était assez hilarant mais aussi inquiétant pour Maman. En rentrant à la maison, je me suis pris un fou rire en repensant à la situation. J’en garde un bon souvenir et je pourrais même la raconter à Papa, enfin oui, presque…

 

Alicia.

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